Géosciences Montpellier
Université de Montpellier
Campus Triolet cc 060
Place Eugène Bataillon
34095 Montpellier cedex 05
FRANCE

Léa Lelimouzin/Delphine Roubinet/Cédric Champolion
Parmi les méthodes de suivi géophysique, la tomographie de résistivité électrique (ERT) est particulièrement appropriée pour imager les changements avant et après injection. Elle permet d’identifier la présence de fluides circulant dans les hétérogénéités en imageant le fort contraste de résistivité électrique entre le fluide et le milieu environnant.

Modèle en coupe du sous-sol représentant le système fracturé issue de l’inversion discrète. Les puits de mesure sont symbolisés par les croix noires indiquant la position des électrodes. Les lignes vertes représentent les chemins préférentiels.
Cependant, les logiciels d’imagerie actuels sont limités dans la représentation de ces fines structures. L’utilisation de contraintes de lissage par les algorithmes d’inversion entraîne une homogénéisation du jeu de données atténuant les effets dus à la présence de fins chemins préférentiels. Il est donc nécessaire de développer des outils plus adaptés à ce type de structures.
C’est dans ce cadre que s’insère le projet financé lors de l’AAP 2023 du CS. Il s’agit de mettre au point un algorithme d’inversion basé sur une approche dite par élément discret. Le modèle d’inversion repose sur un modèle direct dont le principe est de représenter les hétérogénéités par des segments de droite. Ainsi, l’inversion porte uniquement sur la géométrie des fractures. Un travail important d’optimisation et de parallélisation des scripts a été réalisé pour ce projet afin d’équilibrer temps de calculs et précision du modèle.
Cette nouvelle stratégie d’inversion a été appliquée à des données électriques collectées lors de l’injection d’un agent de dépollution pour traiter un aquifère pollué. La méthode d’acquisition utilisée ici est l’ERT entre forages. Plusieurs puits contenant les électrodes interagissent pour mesurer la résistivité électrique du sous-sol.
La présence d’un certain nombres de fractures dans le jeu de données d’origine a ainsi pu être identifié. La localisation s’est avérée cohérente par comparaison aux données terrains et aux modèles d’inversion classique. L’utilisation d’une approche par élément discret semble donc prometteuse pour contribuer à l’amélioration de l’imagerie ERT en milieu hétérogène.
Ce travail a nécessité de nombreuses heures de calculs numériques effectuées sur le cluster de Montpellier, MESO@LR. Il est issu d’une collaboration entre Delphine Roubinet (GM), Cédric Champollion (GM), Léa Lelimouzin (GM), et Léa Lévy (Université de Lund, Suède). Les résultats ont été présenté à l’AGU 2023 sous le titre «Modeling preferential pathway networks that control fluid transport in the critical zone using cross-borehole electrical monitoring» (session H014. Advances in Petrophysics for Hydrogeophysics and Critical Zone Science). Un article est en cours de rédaction pour soumission dans le journal GRL.